ÉPISODE 3/SUD WEB 2014 : 10h à midi

Préviously on « Sud Web 14 » : épisode 1épisode 2
Tour Vanel, vendredi matin. Les premières conférences se sont enchaînées, alternance de mini-speechs et de prises de parole plus longues. Autour du buffet, c’est la pause (chocolatines/canelés).
Je perçois le phénomène de l’émulation en train de se construire : échanges, félicitations, prendre le temps, rayon de soleil.

Reprise des confs.
4 Boris Schapira
De l’idée au projet ? Capturer Conceptualiser Confronter.
Les idées sont volatiles : il conseille de tout noter. Il m’arrive d’enregistrer des impressions dans mon téléphone-dictaphone, je pense aux pages de cahier remplies de phrases dont certaines me sont désormais absolument mystérieuses (Confronter, c’est faire vivre…), je me souviens avoir répété 2 mots clés pour retenir une phrase entière parce que je n’avais rien pour écrire. Il a raison : à chaque fois que je me suis dit « je m’en souviendrai », j’ai oublié.
Carte systémique, narration, storyboard, prototypes, des grilles pour faire le tour de la question : tous les moyens sont bons pour ne pas tourner en rond.

5 Vanessa Ilmany
L’approche est intéressante : elle propose de « sortir du subjectif comme seule entrée de jugement sur notre travail.» Donc au lieu de montrer le résultat (le portfolio & le cv) elle propose de raconter davantage le comment.
Expliquer les étapes de travail, décrire une étude de cas, s’attarder sur la méthode, les détails, les difficultés même.
On passerait de l’étalage en vitrine à la pédagogie ?
= Dis-moi comment tu fais au lieu de me montrer ce que tu fais, et je te dirai si tu me plais.

6 Thomas Zilliox
Je commence à comprendre concrètement que le code est à la fois un territoire et une langue.
Dans cette langue, il y a deux langages : l’un destiné à la machine, l’autre réservé aux codeurs que la machine ne voit pas (ne lit pas) (parce que le codeur lui indique de passer son chemin, espace réservé). À l’intérieur de cet espace privé auquel les machines n’ont pas accès, les développeurs s’écrivent des commentaires. Un monde parallèle dans un monde parallèle !
Il semblerait que la mode du commentaires soit tombée en désuétude et – dit le speaker – c’est bien dommage… car ces commentaires sont la trace d’une identité : une empreinte.
(Ainsi donc cela laisse entrevoir la possibilité d’une science nouvelle : l’archéologie du code ? Des fouilles permettront la mise à jour de commentaires, vestiges de codeurs, qui seront peut-être un jour la preuve qu’il y eut bien des hommes avant les machines… Je m’emballe… Mais cette intervention stimule mon imaginaire. Je pense aussi au roman/polar incroyable de Dantec Les racines du mal dans lequel le détective a pour assistante une Intelligence artificielle qui a pour spécificité d’avoir dans son programme la notion d’inconscient intégrée, elle fait parfois des cauchemars…)

L’exemple qu’il donne est simple : celui des pizzas commandées un soir – les codeurs échangent au milieu des lignes « officielles » et l’opération pizza devient la preuve qu’ils sont bien les créateurs du code. Regina Evidence.

7 Nicolas Birckel
L’expérience du travail chez soi – ou L’expérience du pyjama – qui le mène tout droit à la création du tiers-lieu : espace de co-working.

8 Rémi Parmentier
(qui fait la première blague de geek que je comprends : je « balise »)
Rémi est un intégrateur. Thomas Parisot m’a expliqué la veille au soir qu’il avait parlé l’an dernier à Sudweb de Comment une demande simple (la date qu’on insère dans un site par exemple) génère de fait tout un tas de petites actions qui fabrique une complexité (beaucoup de travail).
Les métiers en jeu ici nécessite de faire de la veille. C’est de cela dont il parle.
Les gens qui sont là assis dans cette salle ont un rapport au Savoir quasi fusionnel : ce qu’ils savent certes, mais ce que savent les autres, ce qu’ils doivent savoir encore, et tout ce qui reste à savoir et qu’ils essaient d’apprendre.
Ce qui est à inventer (que j’appelle Savoir) est le graal. Au-dessus de tout, même au-dessus d’eux, d’où leur propension au partage des connaissances.
Je les prenais pour des techniciens : je découvre des affamés.

Rémi évoque le rituel du lundi matin dans son entreprise : faire un point, sorte de lightning talk en interne.

La matinée se termine.
À présent, je comprends mieux : leur position – vertigineuse – face à l’immensité des connaissances exponentielles qu’ils produisent (l’infini ?) (est-ce qu’on peut dire ça : qu’ils construisent l’infini ?).

Leur goût pour l’efficacité les poussent à trouver des solutions pour survivre au vertige, pour ne pas être terrassé par la tâche. Ils sont dans une sorte de double-bind : par là, ça fait peur mais c’est excitant et par ici, ça fait moins peur mais c’est moins excitant. Ceux qui viennent à Sud Web ont envie d’apprendre à gérer le vertige (et la solitude ?) par ces échanges sur la méthodologie, sur l’organisation : ils réfléchissent à leur pratique. Leurs métiers (le web) n’existent en gros que depuis 25 ans. L’un d’eux me dit : « Imagine, c’est comme si on était J+ 20 ans après l’invention de l’imprimerie… »

Il est midi : j’ai basculé dans la métaphysique.

Dans le prochain épisode, vous comprendrez pourquoi on reparle du lundi matin, qui est (peut-être) jésus et comment on dessine un bonhomme qui fronce les sourcils. Plus d’autres trucs.

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7 réflexions sur “ÉPISODE 3/SUD WEB 2014 : 10h à midi

  1. Petite coquille dans mon nom et sur « stoyboard » :)

    Je suis vraiment très fan de tes rapports, le ton est vraiment rafraîchissant. Je m’en vais lire la suite !

  2. Je trouve tes billets magnifiquement bien écrits, simples, légers, et tellement, tellement justes. Spécialement ces derniers paragraphes : « Je les prenais pour des techniciens : je découvre des affamés. », mais aussi « leur position – vertigineuse – face à l’immensité des connaissances exponentielles qu’ils produisent ».

    Çà résonne en tout cas très fortement chez moi. En passant quelques jours à SudWeb, tu arrives à mettre le doigt sur ce qui me fait vibrer dans le développement informatique. J’ai l’impression de lire exactement ce que j’écrivais moi-même *en 2011*! (http://clemherreman.github.io/thoughts/on-the-need-the-aim-and-the-solutions/).

    Pitié, continues ces billets, je suis affamé !

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